Vladimir, l'empereur

Vladimir Vladimirovitch Poutine, 62 ans, profession officielle : président de la fédération de Russie (2000 à 2008 puis depuis 2012). Profession officieuse : agitateur de la scène géostratégique internationale, cauchemar des dirigeants européens et occidentaux depuis 14 ans.

Depuis le début de la crise ukrainienne, beaucoup de choses ont été dites et écrites sur l’homme. Certains l’érigent en leader de la lutte contre l’impérialisme américain. D’autres le comparent à un stratège. D’autres encore le comparent à un joueur d’échecs, ayant plusieurs coups d’avances sur les stratégies occidentales. Mais selon Gary KASPAROV, Vladimir n’est pas un joueur d’échecs. Parce qu’aux échecs, ils existent des règles et son président n’en suit aucune. Je ne suis pas d’accord avec Gary KASPAROV. J’irai même plus loin. Vladimir POUTINE joue aux échecs de la géopolitique internationale selon ses règles qu’ils imposent aux autres joueurs. Et ça, c’est le rêve de tout joueur d’échecs

Je ne vais pas prendre la défense du sieur POUTINE. Ni la défense de l’Occident ou de l’Ukraine. Je ne prendrai la défense d’aucune partie. Il ne s’agit pas de cautionner la situation en Crimée mais de partager mon point de vue sur les motifs sous-tendant la stratégie de l’ancien premier ministre russe.

Pour cela, je vais présenter quelques chiffres.

On le voit, le marché intérieur russe est plus que conséquent.

Vladimir POUTINE est arrivé au pouvoir en 2000. De 1994 à 1998, le PIB russe connaissait une décroissance : -12,6%, -4,1%, -3,6%, 1,4% et -5,3%.

Plus simplement, la Russie vend plus qu'elle n'achète. Elle fait partie du top 5 des pays ayant une balance commerciale excedentaire.

La Fédération de Russie, comparée aux autres grands, n'a presque pas de dettes. Il faut noter qu'à la fin des années 90, la dette russe représentait 99% du PIB.

J’ajouterai que la Fédération de Russie possède ¼ des réserves mondiales de bois, est le 2ème producteur mondial de pétrole avec 6% des réserves mondiales. Le fonds souverain russe est le 9ème du monde et en 2011 le pays était 4ème en terme de réserves de changes (avoirs de devises étrangères et en or détenus pas une banque centrale) pour un montant de 525 milliards de dollars.
Le pays investit massivement dans le domaine énergétique et son savoir faire dans l'armement n'est plus à démontrer. En outre, les champions numériques comme Google, Microsoft, Facebook, etc ne sont pas tous leaders sur le marché russe. Le pays de la vodka a ses propres champions.
L’intérêt de cet enchainement de données est de montrer que les actions de V. POUTINE sont avant tout destinées à renforcer son aura dans son pays et de montrer aux autres grandes puissances que la Russie est de retour. Il a littéralement transformé le pays. Ses actes internationaux ne servent pour ma part qu’à redonner/renforcer la fierté aux russes. Ce qu’ils sont nombreux à estimer avoir perdu avec la fin de la guerre froide. Qu’importe si les droits de l’homme ne sont pas toujours respectés, qu’importe si des lois homophobes sont prises et que les opposants sont tenus en laisses. Qu’importe la corruption notoire, parce qu’au final, aujourd’hui Vladimir regardera les yeux dans les yeux Barack, Angela, David, François et les autres. Le russe peut regarder droit dans les yeux l’américain, l’allemand, l’anglais et le français. Pas seulement parce que la Russie possède l’arme nucléaire mais parce qu’elle est devenue une puissance économique dont il faut tenir compte. Et, Vladimir est prêt à tout pour la fierté du peuple russe. Pour que ce respect mêlé de crainte à l’endroit de la Russie subsiste. Quitte à tenir des positions condamnables. Et la solution à la crise ukrainienne passe pour POUTINE, l'homme qui a fait entrer son énorme chien lors d'un échange avec Angela MERKEL. Cette dernière a la phobie des chiens.

Je conclurai en citant Vladislav SURKOV, éminence grise de POUTINE à propos des sanctions prises par les USA à son encontre et contre d'autres dirigeants politiques : les seules choses qui m’intéressent aux Etats-Unis sont 2Pac Skakur, Allen Ginsberg et Jackson Pollock. Je n’ai pas besoin de visa pour accéder à leur œuvre. Je ne perds rien.
Brace yourselves, Mother Russia is back in the game!

“The secret of politics? Make a good treaty with Russia.” — (Otto von BISMARCK)

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