Un gaou à Dakar : Saison 1 Episode 2 - "C'est quoi un yaourt?"

Il est 23h. Mon avion vient d’atterrir à Dakar. Le vol s’est bien déroulé. J’ai pu profiter de la traversée pour découvrir un nouveau genre : le “gbaka sexuel”. Le nom fut trouvé par un ami, Florian (ou Floflochou pour les intimes). Bien que le mode de vie des autres soit aussi important pour moi que la puce du cheval blanc de Louis XIV, parfois on ne peut que s’interroger sur le ridicule dans lequel se mettent certaines personnes. Un gbaka sexuel est donc un jeune homme africain d’une vingtaine d’année à la structure osseuse fine, à la limite de la maigreur, de carnation noire ébène, ayant ses cheveux teint en blond platine et ayant des vêtements très près du corps. Le gbaka sexuel s’exprime à grands renforts de gestes accompagnés d’envolées lyriques, souvent dans les aigus selon l’émotion du moment (en l’occurrence la joie de rentrer en Afrique). Hormis tout ceci, il est ultra sympa et à la discussion facile.

Donc atterrissage à Dakar. Mes employeurs s’étaient engagés à venir me récupérer à l’aéroport et à me loger durant mon séjour. Les choses furent ainsi faites et bien faites.
L’employé chargé de m’accueillir à l’aéroport fut un peu surpris d’accueillir une aussi jeune personne. J’ai bénéficié d’un passage prioritaire à l’aéroport puis direction la résidence. Aucun confort ne me manquait : chambre climatisée, douche avec mitigeur, accès internet haut débit, femmes de ménages, etc. On ne s’était pas moqué de moi. J’ai commencé à réfléchir à l’éventualité d’accepter la proposition de contrat qui m’a été faite. C’est sur cette réflexion que j’ai fait des câlins à Morphée.

Le lendemain matin fut une journée classique de début de séjour : repérage, achat d’une carte SIM, etc.
Le soir j’ai diné au restaurant avec Samantha. Au dessert, je demande un yaourt. Le serveur me demande « c’est quoi yaourt ?». Sam me regarde. Je regarde Sam. La question n’était pas de savoir si nous allions rire mais comment allons-nous rire : discrètement, aux éclats, à l’unisson ? Des questions existentielles sur le coup.

Le jour d’après, un employé de la résidence – mes employeurs n’étant pas à Dakar à ce moment – me fait savoir que je devais déménager. Ok pas de soucis. Heureusement je n’avais pas pris mes aises. Mais le nouveau logement était inadéquat. Je n’avais jamais été logé dans ces conditions. N’arrivant pas à joindre mes employeurs sur le coup, j’ai appelé mon géniteur et lui ai expliqué mon souci. Si ça dépendait de lui, sa progéniture allait reprendre l’avion immédiatement. Retour au bercail. Heureusement j’ai pu joindre mes employeurs. Il semble que ce fut une erreur, un excès de zèle de la part des employés. Immédiatement, j’ai retrouvé de meilleures conditions.

A Dakar, je travaille pour un cabinet de conseil en stratégie. Ma mission principale est de réaliser des analyses sectorielles. J’ai également quelques missions annexes. Un tour par ici vous permettra d’en savoir plus. Pour le moment je travaille à domicile. Chaque matin je reçois mes instructions, je travaille selon mon rythme et je fais mon rapport journalier en fin de journée. J’adore ce que je fais, j’adore le contenu de mes missions et j’adore mon environnement de travail (évidemment :p ).

Voili voilou pour ces premiers instants à Dakar. Je ne sais toujours pas comment expliquer ce que c'est qu'un yaourt.

En attendant les moments moins agréables qui surviendront inéluctablement.

“La chance ne sourit qu'aux esprits bien préparés. ” — (Louis PASTEUR)

RIP Robin WILLIAMS :(
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