D'une paternité virtuelle à une paternité réelle

Dans un billet précédent, j'annonçais ma paternité. Une paternité virtuelle. Après des années de réflexion, de plans, de supputations, j'ai fait d'un de mes nombreux projets une réalité. J'ai créé mon bébé. Cette expérience m'a changé. Mais elle ne m'a pas transformé autant que ma paternité réelle.

Pour des raisons diverses et variées, je suis papa. Je change, je nourris, je lave, je gronde. J'ai peur pour l'avenir de ma fille, je m'inquiète. Je câline la nuit pour qu'elle s'endorme. Du haut des ses quelques mois, nous avons des échanges d'une profondeur incroyable : je la préviens des difficultés futures, elle me rassure. J'ai affronté la varicelle pour elle, et je suis prêt à affronter bien plus. Et comme un père, je m'inquiète, j'ai des sueurs froides quand je pense au monde qu'on lui lègue.

Oui comme un père, car même si cette paternité est pleine, elle n'est pas entière. C'est une paternité par intérim. Mais c'est une paternité quand même. Et je remercie les parents biologiques de me laisser être partie prenante de cette expérience. Car cette expérience a transformé ma vie.

Mes voyages m'ont rendu plus ouvert et ont rendu le monde moins effrayant. Mais cette paternité me rend plus altruiste, plus attentif à l'autre, plus sensible. Mais aussi, plus strict et plus exigeant. Au delà de ces changements dans ma personnalité, c'est la relation entre moi et mon père qui a changé. Je prends la pleine mesure de ses sacrifices, des ses inquiétudes silencieuses, des ses peurs, des difficultés qu'il a pu rencontrer. Je suis devenu le pair de mon père
Et il y a quelques jours, c'est mon grand-père paternel qui est décédé. Et les relations entre mon père et moi, cette fois ci, ont changé. Il commence à évoquer des petit-enfants, mais aussi et surtout il s'ouvre plus, et fait encore plus attention à nous, nous donne des conseils.

En cette fête des pères, une pensée à tous ceux et celles qui ont perdu leurs pères, biologiques ou non.
Mon amour infini pour mon père et merci à mes pères par intérim.
Un hourra pour les mères-pères, un hourra pour les pères-mères.
Un bravo et bon courage à mes pairs.

Et un grand merci à Saturnin et à Michelle. Merci pour tout. A notre fille

J'ai l'habitude de dire que si mon père me demande de courir nu dans la ville en criant, la seule question que je lui poserai est de savoir combien de temps je dois le faire. Puissions nous tous être des pères de ce calibre.

 

"Dans une prochaine vie, papa, j'aimerais te reprendre comme père." - Bernard WERBER
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