Love In The Future - John Legend

J’avais déjà commis un crime de lèse-musique. Je récidive. Non pas qu’entre temps je me suis découvert des talents musicaux insoupçonnés mais parce que mes oreilles frémissent à chaque fois que j’écoute Love In The Future de John Legend. L’album a passé 3 ans en studio entre les mains expertes de Kanye West, Pharell Williams, Hit-Boy, Q-Tip, Dave Tozer pour ne citer qu’eux avant de sortir le 30 août 2013. Avec des invités comme Seal, Kimbra, Rick Ross et Stacy Barthe, cet album de 20 morceaux (dans sa version Deluxe) est le meilleur de John Legend. Celui dans lequel il a mis tout son être, toute sa passion. Et c’est lui qui le dit. Bien qu’il soit l’un de mes artistes préférés, j’ai soigneusement évité de m’en approcher pendant plus d’un trimestre. Faut dire que je subissais de plein fouet une austérité émotionnelle. Et ce n’est pas le genre de choses que tu écoutes en pleine période d’austérité émotionnelle. Comprenez-moi, la première phrase de l’intro dit “And this is a new year for love ”. Je n’étais pas prêt à subir cette expérience émotionello-auditive. Mais avec le temps, j’ai fini par écouter l’album et je viole avec constance le bouton replay à chaque écoute.

Passée l’intro, le premier morceau vous met de suite dans l’esprit de l’album. C’est simple. John Legend est follement amoureux de son épouse, Chrissy Teigen. Et il veut qu’elle le sache, il veut que le monde entier le sache. Dans The Beginning, le chanteur dit “Soon I saw you, baby, i have plans/Plans to do it ‘till we have a baby”. En droit, on dira que c’est de la préméditation. “I’m ready, whatever the time”. De la préméditation je vous dis. Avec un soupçon d’harcèlement. Si c’était ma fille, je ne laisserai pas un … homme aussi fou amoureux s’approcher de ma fille. Mais ce n’est pas ma fille même si je veux bien avoir une compagne qui me donnera une fille de ce calibre.

Dans le morceau suivant, Open Your Eyes, il poursuit en disant “I see you in the lonely place/How can you be so blind?/…/Darling open your eyes/Let me show you the light”. Tellement d’assurance en lui le John. Il poursuit dans Made To Love en disant “I was sent here for you/We were made to love/…/Never love someone like this”. Franchement, moi je dis : la fille l’a ensorcelé. C'est la seule explication. Ce n’est plus possible là.

Puis le featuring avec Rick Ross, Who do you think we are ? Un morceau qui se veut un questionnement sur la vacuité de l’existence humaine. Si je peux me permettre de répondre, John Legend est l’époux d’une bombe et accessoirement un chanteur aux 8 grammys et le partenaire sur ce morceau est un rappeur connu non seulement pour son célèbre gimmick mais aussi pour son tour de poitrine.

All Of me, la 6ème piste sur le disque. C’est simple. Si ma future compagne m’inspire une œuvre comme celle-là, je pense que je serai un peu l’homme le plus heureux, comblé et complet du monde universel si tu vois ce que je veux dire. Ce morceau me met dans un tel état extatique que je me retrouve brusquement à prier pour justement avoir une compagne de ce niveau. La puissance de ce morceau pour moi est comparable à la victoire de Liverpool en finale de Champion’s League face au Milan Ac. Les footeux comprendront. Les non footeux googleront.

Dans Hold On Longer, il compare les sentiments qui l’unissent lui et sa compagne à un océan et les vagues aux vicissitudes de la vie en couple. “Love is an ocean/Swimming and try not to drown”. Déjà dans “All of me”, il disait “My head’s under water/But I’m breathing fine”. Ça manque de cohérence à mon avis mais on sait tous que l’un des effets secondaires de sentiments aussi profonds, c’est justement le manque de cohérence.

Il semble justement qu’ils aient connus des petits soucis de parcours. Parce que dans Save the night, il dit “I'm not a one man band/I want to sing a duet”. Je peux comprendre le choc que ça représente quand on a une partenaire telle que Chrissy Teigen de se retrouver seul dans le lit. Après, moi je dors seul et je ne chante pas dans mon lit. Je ne chante pas tout court. Et dormir seul est un des 39 avantages du célibat.

Et tout le long de l’album, ça continue comme ça. Comme dans Tomorrow quand il dit “Hesitation will only get you nowhere/…/Don't wait till tomorrow” (la patience n’est pas son fort) ou encore dans Asylum quand il se compare lui et Chrissy à des fous allant volontairement dans cet asile qu’est l’amour (j’aprouve). Dans You & I, c’est la même rengaine : “You fix your make up, just so/Guess you don't know, that your beautiful/Try on every dress that you own/You were fine in my eyes, a half hour ago”. Je partage son point de vue. Ce n’est pas 1h de plus dans la salle de bain à vous maquiller qui vous rendront plus belles. Vous l’êtes déjà.

Les 5 morceaux suivant sont du même calibre. Et loin du ton que j’emploie, mes oreilles frémissent de plaisir à chaque fois que j’écoute cet album. Je ne suis pas en extase seulement à l’écoute de All Of Me mais de la plupart des morceaux. Parce que c’est beau, parce que c’est puissant. Parce que c’est une ode à la joie, un hymne à l’amour. Cet album, c’est la quintessence de la soul et du R&B et qu’il sache que nous sommes nombreux à attendre un seul faux pas qui rendrait Chrissy célibataire. Je me demande d'ailleurs si il la nourrit assez...

En attendant, pour acheter l'album, c'est par ici. Mais pour ceux ne pouvant subvenir à leurs besoins culturels, Google est votre meilleur ami. Suffit de savoir lui parler. Dans aucun des cas, vous ne le regretterez. Et si quelqu'un trouve ma Chrissy, qu'il me l'envoie.

“Gravitation is not responsible for people falling in love.” — (Albert EINSTEIN)

“All you need is love” — (John LENNON)

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