La surabondance de choix

Il y a un an, je voulais m’offrir une auto. J’avais les ressources et une auto peut être un bon investissement. Depuis cette décision, l’acte d’achat n’a pas encore suivi. En partie parce que les dites ressources ont servi à autres choses. La première des choses à faire quand on veut acheter une auto est de savoir quel type d’auto on veut prendre. Cabriolet, citadine, routière, berline, break, etc. Ensuite il faut réduire le choix aux marques. Puis comparer les marques retenues entre elles. On en arrive à un modèle d’une marque. On croit que tout est fini, mais non. Supposons que le choix s’arrête sur une Clio IV. Il faut maintenant choisir si on veut une essence ou une diesel, le type de peinture, la puissance, le GPS, le radar de recul, etc. Sachant qu'un choix excluant un autre. Un petit tableau des différents types de motorisations pour les Clio IV.
Moteur Cylindrée
en cm³
Puissance maxi
en ch DIN (kW) à tr/min
Couple maxi
Nm à (tr/min)
Vitesse maxi
en km/h
0 à 100 km/h
en secondes
Consommation
mixte l/100 km
Rejet de CO2
g/km
Essence
1.2 atmo 1149 75ch 107 à 4 250 167 14,5 5,5 127
0,9 TCe

eco2

898 90 ch 135 à 2 500 182 12,2 4.9 114
0,9 TCe

eco2 105g

898 90 ch 135 à 2 500 182 12,2 4,5 105
0,9 TCe

eco2 99g

898 90 ch 135 à 2 500 185 13 4,3 99
1.2 TCe EDC 1 197 120 190 à 2 000 199 9,4 5,2 120
1.6 TCe EDC 1618 200 240 à 1 750 230 6,7 6,3 144
Diesel
1.5 DCi

75

1461 75 ch à 3 750 180 à 1 750 165 15,2 3,8 99
1.5 DCi

75 eco2

1461 75 ch à 3 750 200 à 1 750 168 14,3 3,6 95
1.5 DCi

90 EDC

1461 90 ch à 4 000 220 à 1 750 185 10,9 3,8 98
1.5 DCi

eco2

1461 90 ch à 4 000 220 à 1 750 180 12 3,6 95
1.5 DCi

eco2 90g

1461 90 ch à 4 000 220 à 1 750 178 11,7 3.4 90
1.5 DCi

eco2 83g

1461 90 ch à 4 000 220 à 1 750 180 12 3,1 83
Si je n’ai pas d’auto au final, c’est en partie parce qu’il y avait trop de choix à faire. Je voulais juste une auto. Comme je l’expliquerais plus bas, trop de choix tue le choix. A la même période, j’ai eu l’opportunité d’aller en Chine. Le choix était simple : je pars vs je ne pars pas. Et c'était l'auto avec tous ses avantages contre la Chine et ses découvertes. Chine dont je connaissais peu de chose et une auto pour laquelle j'avais créé un dossier sur mon ordinateur. Je ne regrette pas de ne toujours pas avoir d’auto.

Je n’aime pas faire les magasins. Si on pouvait tout acheter sur Internet, je crois que je le ferai. Le problème c’est que j’ai du mal à trouver de bons pantalons, jeans, shorts m’allant du fait de ma taille assez fine (les filles vous pouvez rangez. Certains mecs aussi. Dans la paix :p). De plus, avez-vous idée de la quantité de différents types de jeans existants ? D’abord on les range en 4 catégories : coupe, confort, taille et style. Chaque catégorie avec en moyenne 3 sous catégories. On peut donc avoir un jean de coupe skinny avec un confort regular avec une taille super basse d’un style fashion. Sans compter les couleurs, le type de tissus, de coutures, etc. Et ce n’est que les jeans là.
J’ai un ami proche qui travaille dans un magasin de vêtements. J’ai délégué à Loïc les choix de mes pantalons, shorts et autres bas. Depuis, je suis content.

Avant quand je voyageais, je n'avais pas beaucoup de choix. Classe économique et éventuellement le siège. Et c'est tout. Aujourd'hui en classe éco, tu peux choisir le siège, sa position dans l'avion, composer ton menu, choisir tes films à l'avance, etc. Avant quand je voyageais, les gens étaient plutôt contents à l'atterissage. Aujourd'hui la majorité râle pour X ou Y raison.

Le sujet de cet article est le choix ou plutôt cette époque de surabondance de choix dans laquelle nous vivons. Je n’ai pas besoin qu’il y ait plus d’une vingtaine de variétés de mayonnaises. Je veux juste de la mayonnaise. Je ne veux pas qu’on me propose plus de 60 variétés de gels de douche. Ou 30 sortes de PQ. Hors c’est ce qui se passe actuellement. Pour à peu près tout, on a des options, des sous options, des mini-options et souvent des options annexes. Les marketteurs pensent qu’il faut multiplier les choix pour satisfaire le client. Plus de choix = Plus de libertés = Plus de satisfactions.
Si on dressait une liste des choses réellement mondialisées, l’insatisfaction et la frustration devraient être dans le top 2. Nous sommes satisfaits de peu de choses et frustrés par beaucoup. Pourtant il s’agit de conséquences de nos choix. Pourquoi ? Parce que dans ce monde de surabondance de choix, quand on choisit A, on rejette non seulement B mais C, D, ..., Z etc mais aussi A’, B", 2F, C3, etc, toutes les possibilités existantes. De ce fait, quand les choses ne se passent pas comme prévues (ce qui est rarement le cas), on pense aux options abandonnées. Ce qui crée de l’insatisfaction, de la frustration : il y avait tous ces choix et je n’ai pas été capable de faire le meilleur, avec ce que ça m’a couté !! Autre conséquence de cette surabondance de choix : une société de consommation. Puisqu’il y a autant de choix, je dois tester au maximum pour être sur de faire le bon choix, voire pour être certain que, en fait, je ne devrais pas choisir. Derniers corollaires : cette surabondance peut entrainer soit une absence de choix (on remet à demain), soit des choix par défaut.

Comment lutter contre cette surabondance de choix ? En arbitrant nos choix, en apprenant à choisir. Certains choix sont importants, d'autres non. Et ceci dépendamment d’un individu à un autre : personnellement je ne veux pas perdre du temps à choisir ma moutarde, mon PQ, mon gel de douche, mon jeans, la sous option de l’option annexe d’une auto, d'un abonnement, etc. Pour un diététicien, il peut être important de savoir choisir sa mayonnaise. Pour quelqu’un qui a des allergies dermatologiques, le choix du PQ ou du gel de douche, peut être important. Nous devons choisir les choix important pour nous. Parfois, on peut laisser des experts ou des personnes d’expériences (ou pas), de confiance (ou pas) choisir pour nous. Dans ces cas, on a au moins un bouc-émissaire.

Pour les entrepreneurs ou futurs entrepreneurs qui me lisent, je vous conseillerai de réduire au maximum la liste de services et/ou produits que vous proposez. Des études ont prouvé que moins il y avait de choix, plus les clients s’engageaient. La preuve : les entreprises dégageant les plus belles marges sont celles proposant le moins de choix aux clients. Si vous tenez quand même à proposer un nombre important de choix, il faut se placer du côté du client et lui expliquer ce qu’il y gagne. Et là aussi il ne faut pas en faire trop. La surabondance de choix est un fléau aussi important de notre époque que la surcharge informationnelle. Comme on dit, less is more.

Je vous laisse. Je dois choisir quelles chaussettes je mettrai. C'est important pour moi. :)

Toute la vie est une affaire de choix. Cela commence par : "la tétine ou le téton ?" Et cela s'achève par : "Le chêne ou le sapin ?" — (Pierre DESPROGES)

PS : Pour les fans de vidéos TED comme moi, ces 2 vidéos sur le sujet.

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