Internet, je te déteste !

Ca n'en a pas l'air mais je déteste Internet. D'une haine farouche.

Pourquoi je déteste Internet ? Parce qu'Internet est aujourd’hui le lieu commun où chacun déclame sa folle haine. Internet est le lieu par excellence pour désapprendre. Internet est l'endroit où on peut vivre pleinement sa peur. Descartes, dans sa tombe, tourne tellement vite qu’il pourrait alimenter l’univers entier en énergie. Le doute cartésien est devenu doute sélectif, une espèce d’excuses pour douter de tout et de n’importe quoi sous le prétexte fallacieux qu’« on ne nous dit pas tout ». Encore plus quand ça va dans le sens contraire de nos croyances et de nos peurs.

 Avant, les experts étaient des gens qui avaient consacré tout ou partie de leurs vies à étudier un sujet, à acquérir de l’expérience sur ce sujet. Certes, le système n’était pas parfait. Et le plus grand risque était la manipulation de beaucoup par ces experts. Ceci dit, c’était l’un des rares systèmes qui finissait toujours par s’auto-corriger. Le mieux, le bien, le vrai, le juste finissait toujours par s’imposer. Galilée et tous les autres galiléens anonymes finissent toujours par gagner, quelque soit le temps que ça met.

Internet est venu bousculer tout ce système bien rodé. Internet a d’abord instauré le règne de l’immédiateté. On veut tout et tout de suite. Maintenant, dès qu’on le pense et si possible avec le moins d’effort possible. Ensuite, Internet a "anonymisé" la liberté d’expression. N’importe qui (moi par exemple) peut publier n’importe quoi sur n’importe quel sujet dans n’importe quelle langue. Et convaincre des gens. Qu’importe qu’un expert avec 100 années d’expériences vienne démontrer l’incohérence des propos tenus. Si c’est sur Internet et si ça va dans le sens de nos croyances et nos peurs, l’expert, il peut aller se polir le cuir avec de l’huile de sable. Il y a de moins en moins de place au dialogue constructif.

Dès lors, des sites, aussi crédibles que moi défiant Usain Bolt à la course pullulent. Le marketing de la peur est devenu la norme pour tous, politiques, entreprises, religions, syndicats, etc.

Qu’importe si le pourcentage des musulmans passera à seulement 8% en Europe en 2030. Il y aura toujours des hurluberlus pour crier au « grand remplacement ». Qu’importe si bons nombres de crises en Afrique sont dues au laxisme et à l’incompétence des dirigeants. On trouvera toujours des crétins pour y voir la main occidentale.

De plus la diffusion de la peur sur Internet va de paire avec la suggestion. Et cette combinaison est redoutable. En plus de distiller ce sentiment néfaste, l’appartenance à une caste, celle qui « sait » est vendue. Et critiquer ce qui s'y dit, s'y fait, c'est être bête, être manipulé voire être un vendu.

Voilà pourquoi je voue une haine viscérale à Internet. Une haine passionnelle. Internet, je te déteste parce que tu as donné énormément de pouvoir à la peur.

Dans le même temps, je ne peux vivre sans Internet. Je lui voue une affection sans bornes à cause de toutes les bonnes choses que j’en ai tiré, que j’en tire et que j’en tirerai. Si on était dans un manga, Internet serait Sangoku et moi Végéta.

Pour éviter de sombrer dans le climat anxiogène normalisé, mon historique est constitué de publications économiques mais aussi et surtout de sites comme DansTonChat, 9Gag, The Chive. Je ne lis que des ouvrages de fantasy, management ou finance. Je ne suis que des séries et films comme Despicable Me et The Big Bang Theory. Et si j'ai une vidéo à vous suggérer, je vous suggère celle là de Jamel Debbouze.

"C'est de ta peur que j'ai peur" — (William SHAKESPEARE)
comments powered by Disqus