Haters


Les Internets ont permis la démocratisation de beaucoup de phénomènes, concepts, idées, etc.

Mais ce qui me marque le plus, c'est le concept de haters.

C'est quoi un hater ?

Beaucoup confonde haters, trolls, ennemies et critiques.

Le troll est un individu réagissant par rapport à un sujet, sujet qui le plus souvent ne l'intéresse absolument pas, dans le but d'attirer de l'attention, de causer une controverse et/ou d'obtenir une réponse émotionnelle de la part d'un utilisateur. Cynisme et humour, saupoudrée d'une pseudo-naïveté sont les armes principales du troll. Le troll peut se définir comme l'emmerdeur, l'empêcheur de tourner en rond. C'est là une définition qui peut coller à votre serviteur. Gaël-Germain, troll depuis l'an 16 avant l'iPhone.

L'ennemi, est un individu en conflit avec à un autre, qui est dans un camp opposé. Son opposition peut porter sur un sujet, une cause, etc.

Le critique est une personne qui exprime un avis sur le fond, la valeur, les défauts d'un sujet. Le critique passe le sujet sous un ensemble de faisceaux (qui peuvent lui être propre) afin de porter un jugement.

Le hater quand à lui hate. De l'anglais "to hate" qui signifie haïr/détester, le hater voue une haine passionnelle, une jalousie obsessionnelle à une personne. Il ne faut y rechercher aucune logique, aucun raisonnement. C'est juste l'expression d'un sentiment primaire. Le hater est un troll avec de la méchanceté en plus, un critique sans faisceaux dont l'objectif est de faire du mal, un ennemi qui veut juste s'opposer.

Tout le monde veut son hater

Je peux comprendre que certaines personnes publiques aient des haters. Je peux concevoir que des individus avec des responsabilités aient des haters. Par contre, le fait que tout le monde aient des haters, franchement, faut pas pousser Mémé dans les orties non plus.

Qu'un collégien qui n'a encore rien accompli de sa vie, qu'un jeune diplômé entrant dans le monde du travail, qu'une personne tout à fait normale clame haut et fort haters gonna hate me laissent pantois. Pourquoi vouloir de la haine ? Pourquoi prétendre que certains te haïssent ? Quelle satisfaction y a-t-il dans la détestation que d'autres te porteraient ? Avoir un hater ne donne pas de la visibilité. Ce n'est pas non plus la preuve que vous être entrain de bien faire. Hitler avait des haters. Faisait-il du bien ? (Point Godwin fièrement atteint!)

Je pense surtout, que par effet de mode, chacun veuille son hater. Ou plutôt, le fantasme qu'il y ait des gens dont la vie est dédiée à notre détestation sans raisons aucunes, plaisent. Ce fantasme permet de renforcer notre sentiment d'existence, la perception que nous avons de notre valeur dans la société. Mais il ne faut pas oublier que la citation dit "la valeur d'un homme se mesure à la valeur de ses ennemis", pas à la valeur de ses haters.

Je ne pense pas avoir de haters. Si par le plus grand des hasards, j'en ai, qu'ils me fassent signe. Je leur ferai un bon plat, on discutera. Il y a des choses plus importantes comme l'affection d'un parent, l'amour d'un partenaire, le rire d'un enfant, la dégustation d'un mets. A minima, j'essaierai de convaincre mes haters de devenir des trolls. C'est beaucoup beaucoup plus drôle, plus simple, et surtout beaucoup plus sain.

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