faberNovel et moi

Il y a 23 ans, 1 mois et une dizaine de jours, je naissais dans une clinique privée à Cotonou, capitale économique de la République du Bénin. Aujourd’hui je suis en Chine, postulant pour la "Leap Year" de faberNovel, avec spécialisation à San Francisco.

Laissez-moi vous conter pourquoi, en commençant par présenter mon background.

J’ai un cursus académique relativement classique. Je vais passer les détails de ma scolarité au primaire et au collège pour en arriver au lycée.
Mon cursus éducatif tient en quelques points :

  • En 2008, j'ai obtenu mon baccalauréat, série D
  • De 2008 à 2010, j’ai entamé un double cursus droit/gestion des marchés publiques à l’Ecole Normale d’Administration et de Magistrature et à la Faculté de Droit de l’Université d’Abomey-Calavi
  • Entre 2010 et 2013, j’ai fait un cycle licence en gestion des entreprises à la fac de droit de l’université de Poitiers
  • Depuis 2013, j’ai intégré l’école de commerce France Business School (fBS, ex ESCEM Tours-Poitiers) sur le campus anglophone de Poitiers et je suis actuellement sur le campus chinois de mon école.
Au-delà de mon parcours académique, l’une des choses les plus importantes est de savoir quelles sont mes expériences, comment j’ai meublé ce cursus ?

Juste après mon bac, durant mon double cursus, suite à quelques tensions entre mes géniteurs et moi, ils ont décidé de diminuer le poste "Gael" dans leurs budgets. Pour compenser, j’ai créé avec un cousin un petit truc qui me permettait des rentrées d’argent régulières. Vu que nous avons des compétences limitées en graphisme, nous créions des logos, affiches, pancartes et personnalisions des t-shirts pour des particuliers, des artistes, des hommes politiques pour leurs campagnes, et les différents bureaux étudiants du campus. Entre temps, je m’étais aussi engagé dans le principal parti d’opposition. Une belle aventure qui n’a pas duré longtemps. Au bout de 2 ans, mes parents ont décidé de reprendre ma vie en main. Direction la France. L’expression "du jour au lendemain" n’était plus une expression.

Arrivé en France, 2 mois de retard sur les cours. Dans la ville de Poitiers que je connaissais auparavant que de nom par le Futuroscope. J’ai passé la 1ère année à m’intégrer, m’accommoder au climat, comprendre le système universitaire français. Bref, une année d’adaptation surtout que mon expatriation n'était pas prévue.

Vu que j’avais connu quelques difficultés à mon arrivée en France, avec des amis j'ai cofondé un dispositif associatif baptisé MAEVA, Mission d’Accueil des Etudiants Venus d’Ailleurs. Il s’agissait d’offrir gratuitement des services d’accompagnement, d’hébergements, de parrainage, tout ce dont un étudiant, primo-arrivant à Poitiers, pouvait avoir besoin.
Nous avons mené quelques projets intéressants. Mais celui dont je suis le plus fier est la création de MAEVA’Recup. Il s’agit de récupérer des tasses, casseroles, draps, fauteuil, micro-ondes, et tous biens d’équipements auprès de particuliers qui ne s’en servaient plus et auprès d’étudiants qui pour diverses raisons quittaient la ville. Ensuite, nous les redistribuons aux primo-arrivants. De cette manière, ces derniers s’évitent certains achats et peuvent consacrer leurs ressources financières à autres choses.
J’ai été responsable adjoint à la communication et au développement puis responsable du pôle détente. Je m’occupais de la mise en place et l’organisation d’évènements, la création d’outils de communication, l’élaboration de la stratégie de développement et la recherche de partenariats.
Etant donné que je suis d’origine béninoise, que l’association béninoise de la région était en sommeil et que le nombre de béninois présents croissait, j’ai décidé avec d’autres amis de remettre sur pied la dite association. J’ai été le secrétaire général de l’association.
Mon parcours à l’université de Poitiers est émaillé d’autres projets moins importants.

J’ai démissionné de toutes ces responsabilités à mon entrée à l’école. Il fallait obligatoirement s’engager dans les projets associatifs de l’école et je n’avais pas suffisamment de temps pour mener ces différents engagements. A l’école, j’ai été membre de 2 projets. L’un des projets consistait à organiser un tournoi de golf caritatif au profit d’Initiative Développement, une association locale intervenant notamment au Bénin. Pour le second, il nous revenait d’organiser un Festival des Arts de la Rue et de la Scène, dont les bénéfices seraient reversés à l’Hôpital Pour Enfants. J’ai dû malheureusement sortir de ces projets quand j’ai reçu une réponse positive pour aller faire un semestre sur le campus shanghaien de mon école dans le cadre du programme Opportunity In Asia.

A Shanghai, au sein du programme précité, nous devons réaliser des missions pour des entreprises. Je suis donc leader d’une équipe d’étudiants franco-chinois réalisant une étude de marché pour le compte du cabinet de conseil, Shi Bisset & Associates. Il s’agit principalement de faire une veille concurrentielle, d’analyser les tendances du marché afin de pouvoir formuler des recommandations au cabinet.
J’ai également réuni une équipe pour adapter le projet MAEVA’Recup en fBS’Recup afin d’aider les futurs étudiants pour qu’ils ne connaissent pas les mêmes difficultés que nous, lors de notre venue à Shanghai.
J’aide par ailleurs un ami chinois rencontré à Poitiers à monter sa boite. Il crée à Shangrao, une petite ville à l’ouest de Shanghai, une école de langues pour enseigner le français et l’anglais aux enfants et adolescents de la ville.

Voilà pour mon background.

Pourquoi je postule au programme "Leap Year" ?

faberNovel n’est pas une entreprise inconnue pour moi. J’en avais déjà entendu parler puisque je m’intéresse beaucoup à la French Tech. J’avais survolé les études sur LinkedIn, Amazon et Facebook. En tant que futur start-upper, je connaissais La Cantine et le Camping. Donc je connaissais limitativement l’entreprise.
Dans le dernier numéro du magazine "Management", il y a un dossier intitulé "c’est quoi avoir l’esprit start-up ?" dans lequel l'auteur prend l'exemple de faberNovel pour appuyer son propos. Quelques jours auparavant, j’avais lu un article sur Tcherno BALDE dans "Jeune Afrique" où faberNovel était citée. Je me suis donc dit que ce serait intéressant de faire un tour sur le site de faberNovel, histoire de voir s’il y a du nouveau. Et c’est en fouillant le blog, que je suis tombé sur le programme. J’ai été tout de suite emballé.

Je travaille sur mon projet de start-up depuis quelques mois maintenant. Il s’agira de créer une plateforme de crowdfunding dont les projets seront des projets associatifs ou entrepreneuriaux portés par des étudiants et dans leurs phases d’amorçages. J’ai eu l’occasion de constater combien il est pénible pour un étudiant de financer un projet. Et les autres plateformes n’ont pas d’outils réservés aux étudiants. Intégrer ce programme sera comme intégrer le Y Combinator mais en mieux. Je participerai à des missions diverses et variées qui me permettront d’avoir une meilleure compréhension de l’écosystème des start-ups et l’environnement numérique français, j’apprendrai énormément et je ferai de belles rencontres. Etant donné que 75% de ceux qui quittent la boite le font pour monter leurs start-ups - dixit Stéphane DISTINGUIN, ce sera le tremplin idéal pour monter mon projet et pourquoi pas, intégrer Le Camping après avoir adopté un CTO. Parce qu’au final, "quand on crée une start-up, l'idée ne vaut rien, seule l'exécution compte". Faire cette "Leap Year" me donnera les outils pour parfaire l'exécution de mon projet. D'autant plus que je pourrai avoir de précieux conseils sur ce qu'il ne faut pas faire en tant que jeune entrepreuneur.
En participant au programme, je souhaiterai faire la 2ème partie à San Francisco. J'ai entendu dire « si tu veux avoir la carrière de Steven SPIELBERG, l'un des chemins à emprunter est d'aller à Hollywood». Je partage ce point de vue. San Francisco, c’est le siège de beaucoup de start-ups de crowdfundings : CrowdTilt, Indiegogo, Circle Up, Lending Clup, Prosper, etc. Plus généralement, être dans la Silicon Valley m’apportera un plus. Côtoyer des géants comme Google, Intel, HP ou des entreprises disruptives comme Tesla me donnera des idées en me stimulant intellectuellement. Ce parcours ajoutera une corde de plus à mon expérience internationale.

Au regard de ce que je gagnerai intellectuellement, humainement et technologiquement, mes apports à faberNovel semblent dérisoires. Néanmoins, je viens avec un esprit curieux, une excellente capacité d’analyse appuyée par un fort sens synthétique. Ajoutez une soif brulante d’apprendre et une tendance à aller à l’essentiel en retenant les principales informations tout en étant capable de m’adapter rapidement. Sans oublier que je suis légèrement polyglotte, vu que je m’exprime couramment en anglais et ai des notions de bases en portugais et en chinois, 2 langues que je suis en train d’apprendre. Et si un jour Faber Novel a besoin d’un esprit enthousiaste pour comprendre et s’implanter sur le marché africain, je serai ravi de prendre part à cette aventure.

Voilà, c’est un peu la fin de ce billet de blog/CV/lettre de motivation/déclaration d’amour/supplique qui explicite un peu pourquoi je postule à la Leap Year. En espérant, avoir suscité votre intérêt, je reste à disposition pour toutes informations complémentaires.

“I will prepare and some day my chance will come” — (Abraham LINCOLN)