Dakar, mon petit coin de paradis

Lundi 20 janvier 2014. Dakar, Sénégal. Il est 04h00 et je viens de rentrer. Mes vacances se terminent dans 3 jours. Jeudi matin je retrouverai la grisaille familière de mon Poitiers adoré.

Mais Dakar fut une révélation. Dakar est une parenthèse extraordinaire dans une vie ordinaire. Dakar vient de faire une entrée remarquée dans la "A-list" de mes villes préférés. Au même titre que Porto-Novo, Poitiers, Lyon, Montreal, Liverpool ou State College, Dakar a ce petit quelque chose qui me rend complètement fou. On peut dire que Gaël est gaga de dakar. (100 je 2 maux).

Aimant rationnaliser toutes mes émotions, je me cherche des raisons.
La première est incontestablement le mélange de modernité occidentale et de traditions africaines que j’y retrouve. On y a un métissage presque parfait : des centres-commerciaux, un réseau urbain plaisant, des lounges, bars et autres lieux de détentes y côtoient les quartiers populaires, les mosquées des confréries, les vendeurs ambulants de café et les baye fall en toute harmonie. J’y ai presque toutes les avantages des vies à l’occidentale et à l’africaine.
En second je mets une pièce sur l’historique de la ville. Là, ce sont mes gênes qui parlent. Le sang ne ment pas dit-on. La ville de Léopold Sédar SENGHOR et Blaise DIAGNE ne pouvait me décevoir. La proximité de l’Ile de Gorée est d’un orgasme intellectuel exceptionnel. Malheureusement, il y a peu d’activités autour de ce patrimoine historique. J’ose croire que mon court séjour ne m’ait permit de creuser le sujet. J’aurai adoré discuter avec des vieux sénégalais, être l'oreille attentive de leurs vécus, rencontrer des personnalités de la ville pour qu’ils me la content, me parlent de son évolution. Un autre bémol est le traitement réservé au musée des forces armées sénégalaises. Il s’agit d’un lieu incontournable qui, non seulement concerne le Sénégal mais ce qui était autrefois appelé l’Afrique-Occidentale Francophone. C’est absolument scandaleux le traitement réservé à ce musée par les autorités sénégalaises. Là où ils ne voient qu’une ruine, j’y vois la possibilité de bâtir un édifice magnifique.

Un personnage célèbre a semble-t-il dit que « là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ». Je dois avouer qu’il n’a pas tort. A Dakar, j’en ai profité pour redécouvrir une personne qui m’est irrationnellement importante. Il eut également au menu des moments précieux avec des proches, des rencontres nouvelles (et je les souhaite pérennes), des visages furent mis sur des noms, de la famille retrouvée. Des projets furent mis en place. J’espère les concrétiser. Au final, ce fut une passionnante orgie relationnelle dont je fus le centre d’intérêt.

Un certain dynamisme se dégage de la ville. On y retrouve les sièges ouest-africains voire africains de multinationales comme Google, Orange, etc. Le nombre (très élevé) d'expatriés peut justement se révéler un prisme d'analyse du dynamisme culturel, social et économique. Les chantiers de constructions sont nombreux.

Je suggère donc fortement à tous visiteurs de Dakar de faire un tour sur l’ile de Gorée pour s’imprégner de l’histoire, une virée crépusculaire sur l’ile de Ngor (endroit parfait pour les câlins !). A Dakar, le musée des forces armées et le musée Théodore-Monod d'art africain sont des endroits à visiter absolument. La damnation s’abattrait sur vous si vous n’alliez pas au monument de la renaissance africaine absolument majestueux. Il surplombe la ville et dégage une certaine émotion. Je recommande « La Villa Des Jumeaux » pour leurs crêpes et galettes. Ainsi que leur café qui est un des meilleurs de toute la ville. Pour manger africain, allez chez « Chez Marie », « Chez Sarah » où à « OBV ». Creusez, fouillez, cherchez, trouvez un(e) dakarois(e) pour vous faire un thiep, un vrai thiep. Et pour la détente, « L’Archi Bar » fait office de karaoké. La zone des almadies connait la plus forte concentration de lieu de distractions comme le « V », le « Barramundi », « le Patio », etc. Je ne les ai pas tous faits. Ah oui, j’ai failli oublier. Ne vous attendez pas à ce que les taxis dakarois respectent le code de la route. C’est comme demander à un juriste de vous faire des mathématiques. Il pourrait s’en sortir mais ce n’est pas son domaine de prédilection.

Voilà, j’ai fait le tour je crois. Il y a tellement à écrire sur cette ville qu je pourrai en faire un ouvrage. De plusieurs tomes. J’ai vraiment envie de rester dans cette ville. Mais ce n’est qu’un au revoir. Je reviendrai - #ModeTerminatorOn. Cette fois ci, j’ai vécu la ville par des résidents étrangers. La prochaine fois, je confierai mon cas à des dakarois, histoire de mieux comprendre cette ville.

A Dakar, j’ai compris combien il était important de se créer son petit coin de paradis. Cet endroit où on peut se ressourcer, prendre le risque de ne pas penser aux lendemains. Le petit sas de décompression qu'on protège qu’importe le prix. Et surtout profiter de ce coin de paradis avec des gens qui nous sont précieux.
A Dakar, j’ai compris pourquoi mon père fait le métier qui est le sien et je le soutiendrai toujours.
Durant mon séjour à Dakar, certaines personnes ont repris les places qui étaient les leurs. Mon univers a retrouvé son équilibre.

Bref, Dakar est magique. Dakar est majestueuse. Dakar est belle.

Terminons sur cette découverte musicale que j’ai faite ici. En rapport avec la citation qui conclura cet article.

"Voyager, c’est être infidèle. Soyez-le sans remords ; oubliez vos amis avec des inconnus." - (Paul MORAND)

PS: Macky SALL, on est comment? Depuis tu n'as pas fait déposer le projet de loi pour rendre obligatoire et fonctionnel les mitigeurs. Je n'attends que ça pour prendre la nationalité. A bon entendeur!

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