BlackBerry par l'Afrique

BlackBerry va mal. BlackBerry va très mal. 6 millions de mobiles vendus au cours du second trimestre (là où Apple et Samsung vendent respectivement 37,4 et 72,4 millions sur la même durée) dont 2,7 millions pour le Z10 au 2ème trimestre. Pourtant, le prix du flagship de la marque fut divisé par 4 depuis son lancement et le marketing autour fut particulièrement féroce.
40% des effectifs actuels seront supprimés sachant que 5000 postes ont déjà été supprimés depuis 2012. Entre juin et août 2013, l'entreprise canadienne a perdu 965 millions de $. Pour une entreprise qui connaissait une croissance de 98% en 2008 et dont la valorisation boursière a été divisé par 11 en 5 ans, c'est très peu drôle.


Il ne s'agit pas ici de revenir sur le pourquoi du comment, d'essayer de comprendre la déchéance de l'ancien roi. Mais d'explorer des chemins pour un renouveau de la marque. Et pour moi, le renouveau de BlackBerry passe peut être par l'Afrique et j'ai 3 explications à ce que j'avance.

  • En premier lieu, le taux de croissance moyenne africain qui est de 5,5% et le développement d'une classe moyenne qui en 2020 sera de 132 millions d'individus qui dépenseront 584 milliards de $ selon les chiffres de la Proparco, la branche de l'Agence française de développement (AFD) qui finance les activités privées. Le taux de croissance de la téléphonie mobile est de 30% depuis 10 ans et le nombre d'abonnés pourrait atteindre le milliard en 2015. Au Kenya, le taux de pénétration du mobile est de 100% chez les 15-64 ans. Le marché existe. Classe moyenne et consommation
  • En second, la côte de BlackBerry en Afrique. C'est fou. Avoir le dernier BlackBerry est le summum de la hype pour beaucoup. En outre, la marque a déjà noué des partenariats avec plusieurs opérateurs africains dont les 3 plus grands (MTN, Vodafone et Airtel) pour proposer des forfaits BlackBerry.
  • Last but not least, l'atout majeur BlackBerry se trouve dans ses technologies de cryptage des données et des communications. A l'aune des scandales PRISM, X Keycore et autres, l'idée que des tiers (bisous la NSA, la DCRI, le MI5 et compagnies. Je vous aime ♥ ) ne puissent pas accéder à leurs données devraient séduire autant les particuliers que les institutions publiques et privées. En cette matière, la société canadienne est un leader incontesté.
Il est intéressant de noter que l'entreprise n'a aucune dette et une trésorerie de près de 3 milliards de $. Ce matelas financier pourrait lui permettre d'investir dans la formation de développeurs qui fourniraient des applis africaines pour des africains par des africains. Ceci pour pallier au principal défaut de BlackBerry qui est la pauvreté de sa boutique d'applis.
En allant plus loin, sachant que l'entreprise cherche à se vendre pour environ 5 milliards de $, certaines entreprises ou personnalités africaines peuvent se l'offrir. ... Par caprice.
Ceci dit, je ne suis pas dans le secret des dieux. Il y a surement des éléments dont je ne dispose pas. Mais je reste convaincu que le renouveau de BlackBerry peut passer par l'Afrique.

" Ex Africa semper aliquid novi "* - (Pline l'Ancien)

*D'Afrique nous vient toujours quelque chose de neuf.

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