Au-Dessus Des Flots : Saison 1 Episode 6 – Study Trip !

Je vous ai déjà dit que j’aimais Shanghai ? Non ? Oui ? Dans tous les cas, je le répète. J’aime Shanghai. Je me vois y vivre. Mais pas éternellement. Une expérience courte de 6 à 12 mois au maximum. Mais l‘un des problèmes avec cette ville comme l’ont souligné la plupart des expatriés que j’ai rencontré, Shanghai est une sorte de ville piège. Tu te dis que tu ne vas pas rester longtemps puis tu te retrouves quelques années plus tard toujours là. Ce qui est intéressant, c’est que la différence culturelle, le dynamisme de la ville fait qu’il y a toujours un truc à découvrir.

Il y a une semaine et demie, j’étais avec des amis dans un des nombreux "fake market" de la ville. Le fake market, c’est tout un concept. Imaginez un centre commercial, de plusieurs niveaux. Et dans cet immense espace, tous les produits sont de la contrefaçon. Absolument tous. A tel point qu’en plus de lieux de transactions commerciales, les fake markets sont devenus des lieux touristiques. A l’intérieur, vous en avez pour tous les goûts. Et selon la profondeur de vos bourses, vous pouvez trouver des produits contrefaits d’excellentes qualités, voire de qualité similaire aux produits de marques.
Il s’agit pour moi d’un des symboles de l’économie chinoise. La sous-traitance massive des entreprises étrangères en Chine, et plus généralement en Asie, a permis aux entreprises chinoises d’apprendre et d’intégrer les processus de fabrication. Je conseille la lecture de cet article dans lequel je donne mon point de vue sur les stratégies des entreprises chinoises.

En dehors du fake market, l’école nous a offert un study trip de 2 jours. Il faut savoir que la municipalité de Shanghai a un statut particulier. Il s’agit d’une province dont la juridiction s’étend sur dix-huit subdivisions. Je ne reviendrai pas sur les spécificités administratives de Shanghai. Wikipédia le fait très bien par ici.
Nous avons visité le district de Putuo qui en est l’une des subdivisions. Le district nous a été présenté par des officiels du gouvernement.
Putuo c’est environ 1 300 000 habitants pour 5480 ha. C’est également 2 000 000 000 de dollars de revenus en 2013. Anciennement centré sur les "3 vieilles industries" que sont l’industrie de transformation, le commerce et les biens immobiliers, le district a mué vers ce qu’ils appellent les "3 nouvelles industries" à savoir la logistique moderne, les services modernes et l’industrie nouvelle. Le district s’est doté d’un quartier des affaires très écologique d’une superficie de plus de 133 ha. L’entreprenariat privé se développant en Chine, un quartier – le Putuo Changfeng Entrepreneur Park – existe pour apporter conseils, aides et financements à ceux qui le désirent. Putuo est le district de Shanghai ayant la plus forte concentration de minorités. On y retrouve également une église catholique, un ancien temple dont je reparlerai et une mosquée. Cet environnement multiculturel ainsi que son accès facile fait qu’un certain nombre d’entreprises internationales comme Schneider y ont leurs sièges chinois.

Le premier jour nous avons été dans un salon de thé traditionnel. La Chine à l’instar de l’Angleterre voue une passion pour le thé. Chaque nation prétend avoir le meilleur thé. Les papilles de chacun jugeront mais je tiens à rappeler que de façon vérifiable, le thé est apparu en Chine entre -206 et -24 av. JC. Consommer du thé est une tradition séculaire en Asie. C’est en 1653 que les premières caisses de thé arrivent en Angleterre. Nous avons eu droit à une vraie séance de dégustation de thé. Et aussi une présentation de différents thés.

Après le déjeuner dans le salon de thé, nous avons visité deux entreprises chinoises : Delixi et Eral.
Delixi est un groupe intervenant dans la logistique, la fourniture de pièces aérospatiales pour le programme spatiale chinois, l’extraction de ressources minières et l’énergie. Partenaire stratégique de Schneider en Chine, son cœur de métier reste la fabrication d’appareils de transmissions électriques et la gestion des réseaux de distributions électriques.
Eral est une compagnie textile spécialisée dans les vêtements pour femmes et enfants ainsi que les linges de maisons. Son marché principal est Shanghai dans lequel la société dispose de boutiques. Elle contrôle tout le processus, de la production à la distribution. Et évidemment la carte de visite de la vice-présidente chargée des relations publiques est venue se joindre à ma collection.

Le second jour, la visite a débuté par un musée – la Suzhou River Exhibition Center. La Suzhou est une rivière de 125 km de long traversant Shanghai. Le gouvernement a mis en place une politique pour dépolluer la rivière. Il s’agissait également de permettre de fournir une partie de la consommation en eau et en électricité des habitants. Une fois le projet terminé, un musée a été ouvert afin de capitaliser sur l’expérience. On y découvre également l’histoire des gens qui vivent aux abords de la rivière et l’évolution de leurs modes de vies.
Le déjeuner de ce jour était entièrement végétarien. Il s’agissait de mon premier repas végétarien. Et je fus agréablement surpris. Je réessaierai bien volontiers. Par la suite, nous avons visité un fameux temple bouddhiste : le temple du Bouddha de jade. Pendant la visite, j’ai appris que la plupart des moines du temple étaient tous bilingues et titulaires de MBA. Je suis retombé en enfance durant la visite. Je me refaisais dans ma tête tous les films chinois que j’ai suivi enfant avec les moines shaolins, le kung fun, etc. Etant très ouvert religieusement parlant, j’ai déposé quelques pièces pour les divinités chinoises. On ne sait jamais et tout soutien divin est le bienvenu.
L’après-midi, c’était quartier libre dans le M50. Le M50 est une zone culturelle de Putuo où sont présentes principalement des galléries d’arts modernes. Autant le dire tout de suite, je suis tombé amoureux de l’art moderne chinois. Quand je serai riche, je collectionnerai des oeuvres d'artistes chinois. Pour l’instant, je reviendrai pour m’imprégner de cet art avant de quitter Shanghai.

Le study trip s’est achevé avec une soirée dinatoire au Marina Club de Shanghai. Il s’agissait de rencontrer des anciens des différentes écoles composant fBS afin d’élargir nos réseaux, le « guanxi » comme les chinois disent. J’ai pu collecter un certain nombre de cartes de visites qui me seront utiles. Le clou de la soirée, c’était la présence de Patrick MOLLE, le directeur de fBS. Il était en Chine pour nouer de nouveaux partenariats avec le gouvernement chinois et des universités. Dès la rentrée prochaine donc, chaque campus fBS en France aura un représentant de l’institut Conficius.

On se retrouve au prochain épisode.

“The rise or fall of Shanghai means the birth or death of the whole nation.” — (Chiang Kai-shek)

Les photos de ce study strip sont à retrouver par ici.

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