Au-Dessus Des Flots : Saison 1 Episode 15 - Peut-être le dernier

Lors de ma dernière année de licence à la fac de droit, j’ai intégré l’incubateur de l’Université de Poitiers pour concrétiser une idée que j’avais. Mais à cause d’une mauvaise organisation, mes résultats universitaires en ont pâti. Le choix fut vite fait. D’autant plus que de ces résultats dépendaient la suite de mon cursus. J’ai donc laissé tomber mon projet et me suis concentré sur mon parcours universitaire.

Un peu plus d’une année plus tard, je suis à Shanghai. Un ami m’envoie exprès un lien. Il s’agissait d’un projet porté par des étudiants passés par l’incubateur, ayant reçu des financements de l’Université et en bonne voie pour lever des fonds auprès de la Région. La particularité du projet : il ressemblait à quelques minimes différences à celui sur lequel je travaillais quand j’étais à l’incubateur.

Je suis de la race de ceux qui croient qu’une idée n’appartient pas à une personne. Du moins tant qu’elle ne l’a pas mise en œuvre. D’ailleurs une idée n’appartient à personne en réalité. C’est la mise ne œuvre de l’idée, son test, son implémentation qui définit son appartenance. Une idée ne vaut rien tant qu’elle n’a pas été mise en œuvre. Dans l’exemple sus cité, les étudiants ont probablement eu la même idée que moi en suivant les informations, en lisant certains magazines, en s’intéressant à certaines tendances sociétales. La mise en œuvre sera forcément différente parce que nous n’avons surement pas les mêmes valeurs, les mêmes objectives, la même approche managériale, etc. Mais la principale différence qui fait que cette idée est pleinement la leur aujourd’hui, c’est qu’ils ont su s’organiser, mettre en symbiose les ressources dont ils disposent pour transformer cette idée en projet.

Ce fut un choc, un déclic que d’apprendre ça. Après mon expérience à l’incubateur, je me suis dit que j’allais attendre la fin de mes études et quelques années après avant de me lancer dans l’entreprenariat. Mais cette nouvelle m’a montré que mes idées sont viables et qu'il serait intéressant de tenter ma chance.

Ici à Shanghai, j’ai eu la chance de rencontrer de jeunes entrepreneurs venant d’un peu partout. J’ai eu la chance d’avoir des professeurs issues du monde professionnel et pour la plupart détenant leurs boites. Ils n’ont jamais été avares de conseils à mon endroit. Et je me suis dit qu’il était temps de donner corps à mes idées.

A la fin de cette année universitaire, j’entame une année de césure. En marge de mon stage, je vais profiter de mon temps libre pour monter mon premier projet entrepreneurial non-associatif. Je devrais être capable de m’adapter à toutes les situations. Il s’agira de saisir chaque grain d’opportunités et de travailler la chance au corps par un travail acharné et des efforts continus. Je suis jeune. Je n’ai pas des charges élevées. Je n’ai pas (pour le moment mais il se pourrait que ça change) d’attaches sentimentales. J’ai le soutien inconditionnel de ma famille. J’ai les ressources intellectuelles nécessaires. Je recherche la critique afin de pouvoir m’améliorer. Toutes les conditions sont réunies. Et si je ne trouve pas de stages durant ma césure, ce n’est pas grave. Ça me fait plus de temps pour monter ma boite.
Dans 9 jours, je rentre en France. Shanghai va me manquer. Ce fut une incroyable aventure humaine. Les bénéfices sont énormes. J’y reviendrai dans un autre billet. Vous pouvez jeter un oeil sur ce hangout réalisé pour mon école. J'explique en détail mon expérience shangaïenne. Mais ce retour en France, c’est le point de départ d’une nouvelle existence.

Dans 4h, j’ai un partiel de finance. Et si les dieux m’accordent leurs faveurs, il pourrait s’agir du dernier examen académique de ma vie.

“The beginning is the most important part of the work.” — (Plato)

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