Au-Dessus Des Flots : Saison 1 Episode 10 – Road Trip, étape de Xi'an

La relativité, ses principes et théories mis en exergue par de nombreux savants dont le plus célèbre est Albert EINSTEIN, est souvent appliqué pour appréhender les différences. La phrase « c’est relatif » est un classique du genre en plus d’être passe partout. En Chine, la relativité est une réalité pour tous les expatriés. Une ville de taille moyenne en France, en Europe, c’est de 20 000 à 200 000 habitants. En Amérique du Nord, c’est peu ou prou en deçà du million d’habitants et au-delà de 200 000. On a donc une idée de la population des villes de tailles moyennes. Et cette idée, si elle vaut pour une bonne partie du monde, n’a aucune valeur en Chine.

Après mon séjour à Beijing, j’ai pris mon train pour Xi’an.
Situé dans le nord-ouest de la Chine, la ville a été plusieurs fois la capitale de la Chine sous le règne de plusieurs dynasties. Aujourd'hui, c’est la capitale de la province du Shaanxi et son nom signifie "Paix de l’ouest". Par le passé, la ville était l’extrémité est de la route de la soie. Ville de taille moyenne, elle est peuplée d’environ 6 000 000 habitants. Donc oui, en Chine, une ville de taille moyenne c’est 6 000 000 d’habitants. Et c’est les chiffres officiels de 2010. La relativité je vous dis.

Au-delà de sa taille "moyenne", la ville est superbe. On n’y ressent pas la même pression démographique qu’à Shanghai ou à Beijing. Et comme la plupart des villes chinoises, elle possède une histoire très riche vieille de plus de 2500 ans.

Je suis arrivé le mardi dans la soirée. Vu qu’il était tard, une fois installé à l’auberge, j’en suis juste ressorti pour faire un tour du quartier et manger.

Le lendemain, visite tranquille avec Yasmine et Laura. Nous avons fait honneur à la Tour de La Cloche et autres spécificités de la ville.

Plusieurs légendes sous-tendent la construction de la Tour. Je vais vous conter ma préférée. Durant la dynastie des Ming, plusieurs tremblements de terres frappaient la région causant des milliers de morts et de blessés. Selon le folklore local, il y avait une rivière souterraine qui traversait le centre de la ville. Cette rivière était l’antre d’un dragon. Et les tremblements de terres étaient les résultats de ses activités. Le gouvernement local y croyait fortement. Il ordonna donc à 5000 artisans de la ville de construire une tour avec une énorme cloche au sommet ainsi qu’une énorme chaine longue de plusieurs milliers de pieds. Le but était de sceller le dragon sous la tour. Aussitôt ordonnée, ainsi ce fut fait. Depuis, il n’y a plus eu aucun tremblements de terres à Xi’an. Donc si on croit au légende, il y a un dragon enchainé sous la Tour de La Cloche à Xi’an. :)
Notons qu’il y a des tours de cloches dans la plupart des villes chinoises. Chacune ayant sa légende.

Mais le plus intéressant ce jour, c’était la visite du quartier musulman et de la grande mosquée de Xi’an. Toute en symbiose. Pour faire simple, les musulmans chinois sont avant tout chinois avant d’être musulmans. La Mosquée est une fusion de culture musulmane et de culture chinoise. Les deux formants un ensemble parfait. Vieille de 1272 ans, on y ressent la sérénité comme dans la majorité des lieux de cultes. C’est une merveille pour les sens et l’âme.

Jeudi, il s’agissait de visiter le mausolée de l’empereur Qin. J’ai fait la visite avec un couple de retraités de la marine royale australienne ayant stationné un peu partout dans le monde. Ils s’offraient un petit tour de la Chine. Mais avant, un petit détour par une usine dont la spécialité est la fabrication de poteries selon tradition de la région. Il peut s’agir de vaisselles comme de statues. Aujourd’hui, la province de Shaanxi exporte à l’interne mais encore plus à l’international son savoir-faire.
Donc le mausolée de l’empereur Qin. Son nom complet est Qin Shi Huang et il s’agit du premier empereur de Chine. Il fut le premier à unifier la Chine entière. Par la conquête des différents royaumes, il imposa les mêmes lois et standardisa les normes (poids, mesure, écriture et monnaie). Les peuples chinois ont toujours construits des murailles pour se protéger des envahisseurs locaux ou étrangers. L’empereur Qin, lors de sa conquête, raccorda les murailles existantes pour bâtir la première grande muraille. Qin Shi Huang fit agrandir les routes : il créa un réseau routier à trois voies, la voie du milieu lui étant réservée. Il suréleva les routes pour éviter les inondations. Chaque route partait de la capitale Xianyang et passait dans toutes les provinces chinoises.
On lui doit le mausolée de Xi'an qui s'étend sur environ 56 km², un tumulus haut de 115 m à 1,5 kilomètre recouvrant son tombeau noyé dans des rivières de mercure toujours inviolé à l'heure actuelle et plusieurs fosses contenant quelque sept mille statues de soldats et de chevaux en terre cuite.
Ne voulant pas être seul après la mort, Qin Shi Huang ordonna que toute son armée soit sculptée en terre et soit enterrée avec lui. Il fit donc sculpter des milliers de soldats, chevaux et chars, tous différents les uns des autres (physionomie, vêtements, position des bras) et un peu plus grands que nature, un soldat mesurant entre 1,72 m et 2 m. Les statues furent découvertes par hasard par un paysan en 1974. Les recherches continuent toujours et on peut voir des équipes d’archéologues s’activer sur le site. Son tombeau est toujours inviolé parce que gouvernement chinois attend le développement de technologies qui garantissent que le contenu ne subira aucun dommage. De plus, les archéologues cherchent à s'assurer que les pièges et les trappes équipées d'arbalètes, installées, pense-t-on, par l'empereur pour protéger sa dépouille des pillards, ne constituent pas un danger.

Durant ma visite, j’ai profité pour choper mon petit rhume printanier annuel. Je suis allergique au pollen. Mais les arbres étaient en fleurs et hyper beaux. Je me suis donc mis dessous certains pour faire des photos. Et c’est comme ça on s’offre un petit rhume gratuit.

Voilà pour Xi’an. Le lendemain soir, je suis rentré à Shanghai. Au départ de ce road trip, j’avais prévu de faire 3 villes minimum. Mais une fois à Beijing, je me suis dit qu’il serait plus intéressant de rester longtemps dans chaque ville et d’en profiter au lieu de passer en coup de vent. Je ne regrette pas ma décision d’autant plus que je me suis promis de visiter d’autres villes avant de partir. Sans oublier que je ferai mon année de spécialisation ici.

Je conclurai en ayant une pensée émue pour ma boussole éthique, mon phare moral. C’est l’anniversaire de ma Jeanne-d’Arc-en-Ciel. Il en faut du courage pour élever des lionceaux comme nous. Et tu l’as si bien fait. Encore une fois, je suis loin pour ton anniversaire. Je t’aime. Je t’aime et tu me manques. Comme Régis, avant la trentaine, le royaume qui t’est due, je te l’offrirai.

Une grosse pensée pour mes camardes de Poitiers. C’est les campagnes actuellement et 2 belles listes sont en concurrence. Force et courage les amis. Que la meilleure liste gagne … dans la douleur des rallyes bien évidemment. Et félicitation à l’équipe du FARS (Festival des Arts de la Rue et de la Scène) pour le boulot. Vous êtes au top. C'est en ces moements que je regrette de ne pas être à Poitiers.

En bonus, je laisse Yasmine conter son retour à Shanghai par ici. C’est très très intéressant.

“The first condition of understanding a foreign country is to smell it” — (Rudyard KIPLING)

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