23 : la foi est le sang de l'âme

Très cher et estimé

Aujourd’hui, j’ai 23 ans. 23 ans ce n’est pas rien. J’ai perdu des proches qui n’avaient pas cet âge. J’ai eu durant ces 23 ans un frère et une sœur. Certains de mes amis sont devenus parents. Sans parler des changements géopolitiques, technologiques, économiques, etc. Bref, j’ai eu la chance d’avoir atteint nos 23 ans sans grandes difficultés.

Il y a une question que je me pose souvent. Est-ce que tu seras fier de moi ? Est-ce que le petit Gaël-Germain de 10 ans serait fier du Gaël-Germain de 23 ans ? Je vais essayer de te convaincre que oui.

L’une des premières leçons que toi et moi avons retenues était le respect de la différence. Il s’agit pour notre personne d’un principe fondamental. Je peux te rassurer. Je ne comprends toujours pas et n’accepterai jamais qu’on puisse discriminer, rejeter les autres parce qu’ils sont différents du point de vue de leurs origines, de leurs orientations sexuelles, religieuses, politiques ou tout ce que l’être humain peut imaginer. On peut ne pas être d’accord, ne pas approuver mais priver ces personnes de droits fondamentaux sous ces prétextes fallacieux, je m’y oppose. Et ça me fait encore plus de la peine quand je vois que les africains sont les champions pour ce qui est de discriminer. L’histoire ne nous a-t-elle pas enseignée que la discrimination est le premier pas vers les ignominies ? D’ailleurs, ces africains qui se servent de prétextes religieux (tirés de livres saints qui ne sont pas les leurs) ou de l’argument culturel pour être homophobes me font doucement rire. Une petite recherche leur apprendrait que dans certaines ethnies africaines, les pratiques homosexuelles étaient présentes bien avant l’arrivée des colons. Mais ne nous égarons pas. Je combattrai toujours l’intolérance sous toutes ces formes, sois en certain.

Tu te demandes peut être si nous sommes toujours émotif ? Pour te répondre, 2 amies m’ont surnommé cœur d’artichaut. Donc oui, émotif, sensible et tout ce qui va avec. Le terme approprié aujourd’hui est fragile. Je suis fragile. (Vous pouvez me lyncher en toute quiétude). Mais ne te mets pas martel en tête. Par la force des choses, j’ai appris à compartimenter mes émotions. Elles ne sont en aucun cas ce qui gouverne mes décisions. Une petite claque amicale de la vie m’a remis les idées en place. Sensible mais aussi et surtout cartésien. Ceci ne veut pas dire que je sois moins passionné qu’avant. Loin de là. Mais j’ai appris les vertus de la mesure et de la retenue. Il y a quelques moments, je m’enflammais. J’étais prompt à donner mes points de vue, souvent catégoriques. J’ai, par la force des choses, appris à dépassionner mes échanges avec les autres. Le monde n’est pas noir ou blanc mais de diverses nuances de gris et il y a autant de vérités que d’êtres vivants. La vie est simple, il y a des gens bons qui méritent qu’on se batte pour eux. Et les abimes qui semblent nous séparer ne sont souvent que de simples fissures.

Mon rapport aux religions n’a pas fondamentalement changé. La défiance est toujours présente d’autant plus que la plupart des religions sont de plus en plus des cercles d’exclusions de ceux qui ne participent pas la même religion. Chacune proclame sa supériorité, sa préséance sur les autres. Je me demande en quoi cela favorise l’humanité ? Chacun a le droit de pratiquer la religion dans laquelle il resssent mieux le rapport avec son créateur et je respecte le choix religieux de chacun. Mais nous n’avons à ce que je sache qu’une seule terre avec des ressources limitées. La seule obédience religieuse dans laquelle je me retrouve est la mienne et elle repose sur un principe assez simple : ne pas nuire à l’autre. Si chacun essayait de respecter ce principe tout simple, je pense que la plupart des délits et crimes n’existeraient pas.

Si on m’avait dit il y a 6 mois que je passerai mon 23ème anniversaire à Shanghai, j’aurais juré que non. Si on m’avait dit après mon bac que j’étudierai en France, j’aurais ri. Si on t’avait dit que tu serais en école de commerce aujourd’hui, tu te serais esclaffé. En fait, je pense que je peux arrêter de tirer des plans sur la comète et de bâtir des châteaux en l’air. Rien ne se passe jamais comme prévu. Un proverbe bouddhiste dit que quand l’élève est prêt, le maître apparait. Je pense que les opportunités se présenteront au fur et à mesure de mon évolution. Il s’agira juste d’être attentif et de savoir les saisir. Mais en n’oubliant pas le but à atteindre. Les moyens pour l’atteindre sont peu importants du moment qu’on évolue étape par étape et en harmonie avec la nature.

Bon je vais m’arrêter bientôt. Mais avant j’en profite pour t’informer que j’ai finalement commencé à bloguer et c’est le pied. D’ailleurs, cette expérience prend une tournure particulièrement intéressante. Avec l’âge, j’ai fini par comprendre les valeurs que les parents voulaient faire passer. Tu les as quand même fait baver. Au regard de mon background, c’est un mini miracle que je sois toujours vivant et qu'ils n’aient pas été accusé d’infanticide. Je me rappelle encore les disputes de Maman après avoir casser son auto pour la seconde fois. Que le ciel nous donne un peu de leur courage. Je suis hétéro-sapiosexuelle. Ah oui, j’adore toujours les enfants et en accord avec les parties prenantes, il semble que je serai père vers 30 ans. Enfin, ce n’est qu’une projection et elle vaut ce qu’elle vaut.

Je pense que tu peux être fier de l’être que tu es devenu. Les fondamentaux sont restés. Et je profite toujours au maximum des instants qui me sont accordés. Parce que chaque moment est une vie et que chaque instant est une aventure.

J’espère que tu apprécieras ce morceau. Moi je l’adore. Et tu sais que je suis difficile. Il y a tellement de beauté à l’intérieur.

Prends soin de toi,
Bisous.

“Whatever with the past has gone, the best is always yet to come.” — (Mark TWAIN)

Bonus

“Birthdays are nature’s way of telling us to eat more cake.” — (Unknow Author)

PS: un conseil, si par un hasard spatio-temporel tu me lisais. Le roller dans les escaliers de la maison, c'est juste bon à laisser des sequelles au dos.
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